SOIRS ÉTERNELS

Dans le parc, les oiseaux se querellent entre eux.

Aprés la promenade en de sombres allées,

On rentre; on mange ensemble, et tant de voix mêlées

N'empêchent pas les doux regards, furtifs, heureux.

 

Et la chambre drapée en tulle vaporeux

Rose de la lueur des veilleuses voilées,

Où ne sonnent jamais les heures désolées!...

Parfums persuadeurs qui montent du lit creux!...

 

Elle vient, et se livre à mes bras, toute fraîche

D'avoir senti passer l'air solennel du soir

Sur son corps opulent, sous les plis du peignoir.

 

À bas peignoir! le lit embaume. Ô fleur de pêche

Des épaules, des seins frissonants et peureux!...

Dans le parc les oiseaux se font l'amour entre eux.

 

Charles Cros

publicado por RAA às 17:07 | comentar | favorito