SOLEIL COUCHANT

Les ajoncs éclatants, parure de granit,

Dorent l'âpre sommet que le couchant allume;

Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,

La mer sans fin recommence où la terre finit.

 

À mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid

Se tait, l'homme est rentrée sous le chaume qui fume;

Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,

À la vaste rumeur de l´Océan s'unit.

 

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent de voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

 

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

 

José Maria de Heredia

publicado por RAA às 11:06 | comentar | favorito