27
Jun 12

LES CONQUÉRANTS

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,

Fatigués de porter leurs misères hautaines,

De Palos de Moguer, routiers et capitaines

Partaient, ivres d'un rêve heroïque et brutal.

 

Ils allaient conquérir le fabuleux métal

Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,

Et les vents alizées inclinaient leurs antennes

Aux bords mistérieux du  monde occidental.

 

Chaque soir, espérant les landemains épiques,

L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques

Enchantaient leur sommeil d'un mirage doré;

 

Ou, penchés à l'avant des blanches caravelles,

Ils regardaient monter en un ciel ignoré

Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

 

José Maria de Heredia

publicado por RAA às 15:45 | comentar | favorito
14
Jun 12

PURA GENÉTICA

Mi madre se fue.

Me buscaron otra.

 

Mi padre lo hizo después.

Me buscaron otro.

 

El amor me abandonó.

Lo busqué yo.

 

Todo por sustitución,

así me enseñaron,

para que nadie

me hiciera daño.

 

Es verdad que los hijos

se parecen a los padres:

a ti ya te he cambiado

por un coche verde.

 

Cecilia Quílez

publicado por RAA às 16:04 | comentar | favorito
26
Abr 12

VITRAIL

Cette verrière a vu dames et hauts barons

Étincelants d'azur, d'or, de flamme et de nacre,

Incliner, sur la dextre auguste qui consacre,

L'orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons;

 

Lorsqu'ils allaient,au bruit du cir et des clairons,

Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre,

Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d'Acre,

Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

 

Aujourd'hui les seigneurs auprès des châtelaines,

Avec le lévrier à leurs longues poulaines,

S'allongent aux carreaux de marbre blanc et noir;

 

Ils gisent san voix, sans geste et sans ouïe,

Et de leurs yeux de pierre ils regradent sans voir

La rose du vitrail toujours épanouie.

 

José Maria de Heredia

publicado por RAA às 18:17 | comentar | favorito
11
Abr 12

CANCIÓN

Pasé un verano intero escuchando ese disco.

Para que la emoción no se le fuera

lo escuchaba una vez cada día.

Si me quedaba hambriento salía a caminar.

 

A su manera la luz cantaba esa canción,

la cantó el mar, la dijo

un pájaro.

Lo pensé en un momento:

todo me está pasando para que me enamore.

 

Luego se fue el verano.

El pájaro

más seco que la rama

no volvió a abrir el pico.

 

Antonio José Ponte

publicado por RAA às 17:26 | comentar | favorito
26
Mar 12

SOLEIL COUCHANT

Les ajoncs éclatants, parure de granit,

Dorent l'âpre sommet que le couchant allume;

Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,

La mer sans fin recommence où la terre finit.

 

À mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid

Se tait, l'homme est rentrée sous le chaume qui fume;

Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,

À la vaste rumeur de l´Océan s'unit.

 

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent de voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

 

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

 

José Maria de Heredia

publicado por RAA às 11:06 | comentar | favorito
14
Mar 12

CAMINO DE IMPERFECCIÓN

Joven,

yo era un vanidoso inaguantable.

«Esto va mal», me dijo un día el espejo.

«Tienes que corregirte».

Al cabo de una semanas era menos vanidoso.

Unos meses después ya no era vanidoso.

Al año seguiente era un hombre modesto.

Muy modesto.

Modestísimo.

Uno de los hombres más modestos que he conocido.

Más modesto que qualquiera de ustedes.

O sea

un vanidoso inaguantable

viejo.

 

Miguel d'Ors

publicado por RAA às 15:33 | comentar | favorito
22
Fev 12

"Pour veiner de son front la pâleur délicate"

Pour veiner de son front la pâleur délicate,

Le Japon a donné son plus limpide azur;

La blanche porcelaine est d'un blanc bien moins pur

Que son col transparent et ses tempes d'agate.

 

Dans sa prunelle humide un doux rayon éclate;

Le chant du rossignol près de sa voix est dur,

Et, quand elle se lève à notre ciel obscur,

On dirait de la lune en sa robe d'ouate.

 

Ses yeux d'argent bruni roullent moelleusement;

Le caprice a taillé son petit nez charmant;

Sa bouche a des rougeurs de pêche et de framboise;

 

Ses mouvemments sont pleins d'une grâce chinoise,

Et près d'elle on respire au tour de sa santé

Quelque chose de doux comme l'odeur du thé. 

publicado por RAA às 15:30 | comentar | favorito
10
Fev 12

NADIE, NADA

Ya todos mis recuerdos son ajenos,

lo que a mí me pasó le pasó a otro.

Hubo un niño que lleva mi nombre

y solo existe en las fotografías.

 

La tarde aquella, el fresco amanecer,

los dos desnudos bajo las estrellas,

dicha y desdicha, sombras en el agua,

palabras en la arena que alguien borra.

 

Soñé lo que creí haber vivido,

viví lo que creí haber soñado,

besé con labios que non eran los míos.

 

Imagino que fui, que soy, que sigo siendo.

Mi nombre es ninguno y es legión,

soy todos y soy nadie, nada, Dios.

 

José Luis García Martín

 

publicado por RAA às 15:22 | comentar | favorito
27
Jan 12

DERNIER VOEU

Voilà longtemps que je vous aime:

-- L'aveu remonte à dix-huit ans! --

Vous êtes rose, je suis blême;

J'ai les hivers, vous les printemps.

 

Des lilas blancs de cimetière

Près de mes tempes ont fleuri;

J'aurai bientôt la touffe entière

Pour ombrager mon front flétri.

 

Mon soleil pâli qui décline

Va disparaître à l'horizon.

Et sur la funèbre colline

Je vois ma dernière maison.

 

Oh! que de votre lèvre il tombe

Sur ma lèvre un tardif baiser,

Pour que je puisse dans ma tombe,

Le coeur tranquille, réposer!

 

Théophile Gautier

publicado por RAA às 11:55 | comentar | favorito
18
Jan 12

SCARDANELLI

Una música suena que no escuchas

mientras la vida pasas tan despacio

como una visita inesperada

que ha venido a quedarse para siempre.

 

Un río suena que tampoco escuchas

muy cerca de la casa, desbordado,

con troncos y cadáveres y restos

de lo que fuera vida en torno suyo.

 

Qué bien estás así, lejos de todo,

al borde del abismo y en el centro

de un irisado mundo de fantasmas.

 

Con tu precario cetro y tu locura,

rey de tan reducido paraíso,

a nada temes y hasta Dios te envidia.

 

José Luis García Martín

publicado por RAA às 15:56 | comentar | favorito